| La
Ferme Proulx de Cumberland en nomination aux Lauriers de la
PME, présenté le 29 septembre prochain
L'art de répondre
précisément à la demande
Nadia Carrier — AGRICOM, le 19 SEPTEMBRE
2007
Pour
Gisèle et François Proulx de la Ferme Proulx
à Cumberland dans l’Est ontarien, qui sont la
troisième génération à exploiter
l’entreprise qui existe depuis 1920, il ne faisait aucun
doute que leur avenir serait d’avoir une entreprise
agricole.
Leur rêve était bien en couleur
puisque tous deux étaient d’accord pour aller
vers le maraîcher. « Le volet agrotouristique
est venu plus tard, pour répondre à la demande
», raconte Gisèle.
La Ferme Proulx, comme on la connaît
aujourd’hui, existe depuis 1993.
« Tout vient à point
à qui sait attendre »
Au départ, François et ses parents
sont partenaires dans l’entreprise qui a une vocation
laitière. L’emphase est mise sur la génétique.
En plus du lait, on continu de faire le fameux sirop d’érable
naturel qui fait la réputation de la ferme depuis 1945.
Pour François et Gisèle, leur rêve
s’oriente plutôt vers la culture maraîchère.
Qu’à cela ne tienne, ils ont tous
deux fait preuve de patience et de logique puisqu’ils
n’ont pas hésité à poursuivre leurs
études dans ce sens. Pour François, c’est
au Collège d’Alfred et à celui de
Kemptville qu’il ira chercher les informations nécessaires.
Pour Gisèle, la Cité collégiale pour
le côté administratif et la comptabilité,
leur donnera les outils pour mener à bien leur projet
et être en
confiance.
Et c’est parti! En 1993, l’étable
et les champs, tout comme Gisèle et François,
débutent une autre carrière. Fraises, framboises,
maïs sucré et citrouilles. On y offre l’auto-cueillette
et du déjà cueilli.
Au printemps, on mise sur le sirop et les produits de l’érable.
S’adapter à la demande:
facile à dire et facile à faire
Quelques années plus tard, Gisèle
et François doivent revoir leur plan d’affaires.
Et à leur avantage.
Effectivement, ils font face à une demande
croissante pour recevoir des groupes qui souhaitent tout un
éventail d’activités reliées à
la ferme. « C’est d’abord venu de la part
des professeurs
qui demandaient à venir avec leurs groupes d’élèves,
explique Gisèle. Il a fallu comprendre ce qu’ils
souhaitaient et voir de quelle façon nous pouvions
nous adapter pour répondre à leur
demande », poursuit-elle.
Le volet agrotouristique de la Ferme Proulx
prend forme, et à l’année à part
cela. Interprétation, démonstrations, animaux,
jeux, tours de charrette, de carriole, labyrinthe en maïs,
sentiers
animés, repas, etc. Pour accommoder les différents
groupes d’élèves, les clubs sociaux et
les fêtes. Tous les prétextes sont bons pour
donner une nouvelle carrière à un champ ou à
l’érablière et
faire vivre une expérience inoubliable.
Le Festival de la citrouille qui débute
la dernière fin de semaine de septembre et dure jusqu’à
la fin octobre est un bon exemple de l’imagination des
Proulx et de leur sens de l’innovation: « Tour
de
charrette à L’Érablière Hantée
en passant par la forêt mystérieuse et visiter
le cimetière des anciens employés mais nous
recommandons de ne pas fixer les vieux érables dans
les yeux!!! », peuton lire à www.proulxberryfarm.com.
Plus récemment, les Proulx ont étendu
leurs cultures à des légumes variés pour
répondre à la demande croissante pour les produits
locaux. Les gens peuvent se les procurer, en plus des petits
fruits et du maïs, au magasin de la ferme mais aussi
aux différents kiosques à Cumberland et à
Orléans.
Le samedi, on peut se rendre au Marché
frais de Cumberland pour y rencontrer les Proulx. Gisèle
fait remarquer qu’il y a un changement dans les tendances
de consommation: « Les gens
veulent en savoir beaucoup plus qu’avant sur ce qu’ils
mangent, ils ne remarquent plus seulement le prix. »
Quoiqu’il semble évident de profiter
d’une demande qui était bien là et rentable
en plus, le faire concrètement a causé quelques
mots de têtes aux deux entrepreneurs puisque la réglementation
est conçue mur à mur et ne laisse pas trop de
place à l’imagination.
Par exemple, Gisèle et François
ont dû en débattre quelques années afin
de pas être dans l’obligation de paver leur stationnement
comme les commerces de la Ville d’Ottawa. Pour Gisèle,
la lourdeur administrative reliée à la réglementation
fait un peu peur mais pour certains autres règlements,
comme ceux relatifs à l’emploi de pesticides
ou à l’environnement, elle les voit d’un
bon oeil puisque l’on évitera les abus.
Collaboration
Vu le nombre de produits et services offerts,
la Ferme Proulx est membre de plusieurs associations, ce qui
permet de suivre des ateliers et des formations et de pouvoir
échanger avec d’autres
producteurs.
En plus, les Proulx et leurs collègues
voisins échangent plusieurs services et collaborent
énormément. « On s’appellent au
début de la saison pour déterminer le prix du
panier de fraises par exemple », mentionne Gisèle.
« Si quelqu’un remarque une maladie ou un problème
dans un champ, on s’appelle.»
Échange d’information, achats
communs, partage d’employés. Les Proulx collaborent
avec une dizaine d’autres producteurs.
D’un autre côté, Gisèle
et François contribuent au développement local
et régional par différentes actions, que ce
soit au niveau de la Banque alimentaire ou encore d’accommoder
des groupes comme les Kiwanis d’Orléans pour
les activités de levée de fonds. « C’est
important pour nous, car les sous demeurent dans la communauté
», explique Gisèle.
« La qualité et
le service sont le mandat que nous nous donnons »
– Gisèle Proulx
Depuis leurs débuts, la qualité
et le service à la clientèle, sont pour Gisèle
et François leur marque de commerce et tout est mis
en oeuvre pour demeurer le chef de file. Notamment, on limite
le
nombre de personnes que l’on accueille à la ferme
afin d’offrir un service hors pair et personnalisé.
On ne propose que des fruits et légumes cueillis du
jour, quitte à retourner approvisionner les
kiosques en cours de journée. On offre l’accompagnement
aux groupes pour les anniversaires d’enfants.
Pas étonnant que la Ferme Proulx se
retrouve en nomination aux Lauriers de la PME, le gala des
entreprises francophones de l’Ontario qui aura lieu
le 29 septembre prochain au Hampton Inn
à Ottawa. Le gala est présenté tous les
deux ans par le Réseau de développement économique
et d’employabilité (RDÉE) de l’Ontario.
Les entreprises finalistes se retrouvent ensuite en compétition
au niveau national.
Bonne chance à Gisèle
et à François !
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